Rencontre avec J-C Pin, chauffeur de F.Mitterand pendant plus de 5 ans

 
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MessagePosté le: Jeu 11 Fév - 10:50:57 (2016)    Sujet du message: Rencontre avec J-C Pin, chauffeur de F.Mitterand pendant plus de 5 ans Répondre en citant

De février 1975 à octobre 1980, Jean-Claude Pin a été le chauffeur du président du Conseil général, François Mitterrand. En cinq ans, « Monsieur Pin », était devenu « Jean-Claude ».



On a beau chercher, tourner la tête de chaque côté de la pièce, on ne trouve pas. Sur les murs, rien. Pas une photo figeant l’aventure. L’homme veut rester discret, dit-il. Pas envie de parader. De vivre à travers l’autre. « Je n’ai pas besoin d’images. Les souvenirs sont dans ma tête. »

Pendant cinq ans, Jean-Claude Pin a été le chauffeur de François Mitterrand dans la Nièvre. Parenthèse inattendue. Dorée. Rencontre avec un « homme hors normes ».

La première fois, justement. Jean-Claude Pin a 21 ans. Depuis la fin de son service militaire, en octobre 1974, il bosse pour une entreprise de travaux publics de Nevers. Une amie lui confie que le Conseil général entend recruter un chauffeur. Il postule. Dix jours plus tard, il est face au président. François Mitterrand. Le gamin de Saint-Hilaire-en-Morvan le connaît, forcément. Il est impressionné. Et puis l’homme est charmeur. Séducteur.

« François Mitterrand voulait recruter un Morvandiau »
L’affaire se conclut peu de temps après. C’est signé : il sera le chauffeur du président. « Bien plus tard, j’ai compris que j’avais été recruté parce que François Mitterrand tenait à ce qu’un Morvandiau ait le poste… Ça lui ressemblait. Il était viscéralement attaché à ce territoire, à ces paysages, à ces hommes. Quand il a quitté le Conseil général, en 1981, il m’a proposé un poste dans un ministère. J’ai refusé : j’étais trop attaché à la Nièvre. “Vous avez bien raison”, m’a-t-il dit. Je sais qu’il en était convaincu. »

Février 1975. Il faut enfiler le costume. Et apprendre. Les codes, la discrétion. « J’en ai vu. Entendu. Mais j’étais là pour faire mon boulot. Et le faire bien. » Une « attitude exemplaire et un amour pour le travail bien fait » que l’actuel président du Conseil général, Patrice Joly, et ses collaborateurs saluent encore. Ce qui se passe dans la DS, il est le seul à le savoir. François Mitterrand travaille. Lit. Parle peu. Demande juste des nouvelles de la famille. « Le plus souvent, il est accompagné. De journalistes _ souvent des femmes _, de politiques et de Baltique, le labrador. » Dont il ne peut que constater les dégâts dans la DS.

Complice de la mise en scène des retards
Jean-Claude Pin doit, aussi, apprendre un autre rapport au temps. Il faut partir sans savoir quand on rentrera. Il faut attendre. Et il y a autre chose : François Mitterrand cultive l’art d’arriver en retard. Pendant cinq ans, son chauffeur sera le complice de ses mises en scène. « S’il voyait qu’on serait à l’heure, il me demandait de m’arrêter sur le bord de la route. Et partait se promener. Quand on arrivait, il avait toujours le même mot : “Il y avait un monde fou sur la route…” »

Souvent, François Mitterrand disparaît. Un soir, après un meeting à Dôle, il ne revient pas. Le chauffeur reçoit un message : il doit venir le chercher à 9 h le lendemain. « Je n’ai pas trouvé d’hôtel. J’ai dormi dans la voiture. » Le lendemain, François Mitterrand est là. Accompagné.

Une seule fois, François Mitterrand hausse la voix. Jean-Claude Pin a oublié le chapeau et l’écharpe dans son bureau. S’en aperçoit trop tard, quand François Mitterrand s’apprête à monter dans le train. « Sa colère m’a hanté pendant une semaine. » Il en sourit, aujourd’hui. « J’ai passé des années étonnantes, au cours desquelles j’ai beaucoup appris sur l’humain. »

Le seul regret : l’absence. « Je n’ai pas vu grandir mes enfants. »

Source : www.lejdc.fr (16/11/2014)
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MessagePosté le: Jeu 11 Fév - 10:50:57 (2016)    Sujet du message: Publicité

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